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Interview de Ludovic Rolland

Charpentier Marine : « ll faut être motivé, il faut être surmotivé, »

Né à Sainte-Colombe-lès-Vienne dans le Rhône (69) en France, 30 ans, Je suis charpentier marine depuis 14 ans. Ma vision de la vie en une phrase : Aide toi et le ciel t'aidera.

J'adore les activités aquatiques comme la Voile, la plongée et le surf, je suis Ludovic Rolland.

Je suis né à Sainte-Colombe-lès-Vienne dans le Rhône en France, j'ai 30 ans et je suis charpentier marine depuis 14 ans. Ma vision de la vie en une phrase : Aide toi et le ciel t'aidera.

J'adore les activités aquatiques comme la Voile, la Plongée et le Surf, je m'appelle Ludovic Rolland.

Quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Alors, un cursus assez simple. Après le collège je me suis dirigé vers une formation professionnelle au lycée en métropole, à Antibes, où j’ai fait la formation de « Maintenance Bateau » qui regroupe tout ce qu’il y a dans le bateau, c’est-à-dire le dépannage électrique, le bois, la mécanique. C’est tellement général qu’au final tu ne sais rien (rires). Donc j’ai fait ça pendant deux ans et après je me suis dirigé vers le bois où j’ai fait un CAP de menuiserie. À partir de là j’ai eu la chance de travailler à Monaco avec des jeunes italiens qui m’ont appris vraiment l’art de bien travailler le bois. J’ai ensuite travaillé dans différents chantiers navals sur la Côte d’Azur, puis en 2008, je me suis mis à mon compte suite à un licenciement économique d’un chantier naval. J’ai travaillé plusieurs années et je suis rentré en Martinique fin 2011.

ll y a du chemin effectivement. Et tu m’a dis appris avec un italien, …

En fait avec deux artisans, on a refait un bateau pendant quasiment un an à Monaco. On a refait tout l’intérieur. Et hormis l’Italien (la langue, ndlr), j’ai vraiment appris la minutie, la façon de vraiment bien travailler. C’était leur métier, moi j’étais débutant, novice, donc je suis partit sur des bonnes bases. C’est important d’être avec des gens qui t’apprennent bien. Même après, j’ai travaillé sur différents chantier naval de la Côte d’Azur qui sont assez réputés et qui m’ont aussi appris beaucoup de choses.

Qu’est-ce qui te passionne dans ton activité ?

C’est un peu la diversité. Chaque bateau est différent. Il y a des bateaux de série mais on est rarement amené à travailler plusieurs fois sur des bateaux identiques. Et même sur les bateaux de séries, l’aménagement intérieur diffère parfois. Les goûts des clients diffèrent aussi, donc on fait rarement la même chose. Du coup, c’est toujours un peu une remise en question. Je vais aussi adapter d’autres matériaux, comme tu as pu voir sur les pieds (voir photo, ndlr), j’adapte des pièces en inox, je vais aussi travailler parfois la fibre de verre ou d’autres matières plastiques, etc. Donc c’est vrai que ça englobe pas mal de choses et du coup une diversité intéressante.

Donc, c’est ce qui te passionne aujourd’hui. Mais lorsque tu étais jeune, pourquoi t’es-tu lancé ?

De par mon vécu, même lorsque j’ai grandi en Martinique, c’était toujours dans l’eau (rires). C’est difficile lorsque tu sors du collège de savoir ta branche, mais j’ai toujours aimé l’eau et j’ai toujours su que je ferais quelque chose de manuel. Donc à partir de là, j’ai essayé de trouver un peu les métiers. Il y en a pas cinquante. Ça aurait pu être chaudronnier pour faire des coques en alu, etc mais j’aime le bois. Même petit, je travaillais déjà le bois, je faisais des petites maquettes en bois etc. Donc ça a été un peu évident. J’ai réussi à trouver ma voie directement.

Selon toi Ludovic, quels sont les caractéristiques indispensables pour travailler dans la charpente marine ?

Dans la charpente marine, on peut faire des grosses pièces comme des pièces très fines et la qualité qu’on demande dans les bateaux est vraiment du haut de gamme. On demande vraiment à ce que ce soit, pas parfait parce que ça ne l’est jamais, mais pas loin. Donc ça demande une rigueur et beaucoup de minutie. Leurs (les clients, ndlr) bateaux, c’est un peu leurs joujous, ils ont un bateau pour se faire plaisir, ils veulent que leur bateau soit beau. Il faut que l’intérieur d’un bateau soit toujours au top, toujours bien fait même dans les détails.

Donc par extension, lorsque tu fais des meubles personnalisés ?

Et bien j’essaie de répercuter le fait d’être soigneux, ce soucis de qualité et de finition. Donc pour moi, lorsque mon meuble sors de l’atelier, il faut qu’il soit bien. Et si ça met plus de temps que prévu, ce n’est pas grave, mais l’à-peu-près, non.

Comment vois-tu ton avenir ?

Cela fait quelques années que je suis à mon compte. J’espère que ça continuera à se développer. J’ai embauché quelqu’un, mais je ne cherche pas à monter une multinationale (rires). Je souhaite développer la branche des meubles design personnalisés au travers d'un projet en cours avec une architecte : un client entre dans la boutique pour créer un meuble personnalisé. En live, l'architecte oriente le client sur une proposition de meuble, et l'on fait une visualisation 3D. Une fois que le client est satisfait, on passe à la réalisation.

Tu souhaites donc grandir un peu tout en préservant le côté artisanal et qualité, c’est cela ?

C’est difficile de garder l’artisanal et la qualité si tu as 20 personnes qui travaillent pour toi et que tu as un rythme très soutenu. Je pense que c’est difficile, à moins d’avoir la structure usine qui va derrière, mais ce n’est pas ce que je recherche. Je préfère rester dans une dimension moyenne et continuer à produire quelque chose de qualité.

C’est difficile de garder l’artisanal et la qualité si tu as 20 personnes qui travaillent pour toi et que tu as un rythme très soutenu. Je pense que c’est difficile, à moins d’avoir la structure usine qui va derrière, mais ce n’est pas ce que je recherche. Je préfère rester dans une dimension moyenne et continuer à produire quelque chose de qualité.

Quel conseil donnerais-tu à toute personne désirant réaliser ses propres rêves, ses propres ambitions ?

Je lui dirais juste d’être persévérant. Ce n’est jamais facile de créer un projet, de se mettre à son compte. Il y a toujours des choses qui démotivent, toujours quelques pièges. Il faut être motivé, surmotivé, et ne pas avoir peur de se lancer et même de tomber, pour se relever...

Enfin, quel est ta définition du succès ?

On a tous plus ou moins une définition du succès différente. Pour certains ça va être d’avoir réussi financièrement, d’avoir de l’argent, d’autres ça va être d’avoir la gloire, d’autres ça va être d’avoir une maison… Moi je pense que c’est d’avoir réussi à avoir fait mes projets, à ce que je puisse aller travailler en aimant ce que je fais et pouvoir en vivre. Pouvoir réussir à faire ses objectifs dans la vie, c’est déjà pour moi un début du succès.

On a tous une définition différente du succès. Pour certains, ça va être la réussite financière, pour d’autres, la gloire… Moi je suis simplement heureux d'aller travailler en aimant ce que je fais et de pouvoir en vivre. Atteindre les objectifs que l'on se fixe dans la vie, c’est déjà le début du succès.

Destination de rêve (où tu aimerais voyager) : Bali, Indonésie 
Ville idéale (où tu vivras vivre) : Diamant, Martinique
Livre : "L'homme, pas Dieu" de Frank Salin
Heures de travail / Nombre de réalisations : 10-12h par jour
Musique : Esy Kennenga
Personnalité qui t’inspire : Mon père 
Heures de sommeil : 6h
Anti-Stress : La mer ou la piscine
Enfants : Non
Un point que tu aimerais mettre en avant qui reflète ta ténacité et motivation : Ténacité, Ne jamais abandonner
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