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Taxis VS Uber ?
La bataille est déjà perdue.

Les esclaves ont goûté à la liberté. Voilà la situation dans laquelle se trouve le château aujourd’hui.

Lorsque l’adversaire fut à l’horizon, le roi et ses nobles dormaient.

Et les esclaves du roi dormaient.

Lorsque l’adversaire fut aux portes du château, le roi et ses nobles somnolaient.
Et les esclaves du roi dormaient.

Lorsque les premiers canons se firent entendre, le roi et ses nobles baillaient.
Et les esclaves du roi se réveillaient en sursaut.

Lorsque les remparts subirent de lourds dégâts, le roi et ses nobles s’étiraient.
Et les esclaves du roi écoutaient en silence.

Lorsque les lourdes portes d’acier cédèrent sous les béliers, le roi et ses nobles ouvraient les yeux.
Et les esclaves du roi regardaient en silence.

Lorsque l’adversaire passa par le fil de l’épée toute résistance intérieure, le roi et ses nobles sortaient de leur lit.
Et les esclaves du roi regardaient en silence.

Lorsque l’adversaire ouvrit les cellules des esclaves, le roi et ses nobles sortaient de leur chambre.

Lorsque l’adversaire força les réserves royales afin de nourrir les esclaves, le roi et ses nobles sortaient du palais royal.

Lorsque l’adversaire proclama aux esclaves leur liberté, le roi et ses nobles appelaient leurs sujets, mais il n’y avait plus personne.

Les esclaves avaient goûté à la liberté.

Voilà la situation dans laquelle se trouve le château aujourd’hui.

Le roi et ses nobles se sont rendu compte que le château fut conquis au petit matin. La bataille est déjà perdue.

Pourtant, la garde royale est encore opérationnelle. Mais la bataille est déjà perdue.

Pourtant le roi, ses nobles et ses esclaves surpassent largement l’adversaire en nombre et en puissance. Mais la bataille est déjà perdue.

Le roi va alors lancer sa garde royale dans la bataille, afin de protéger la noblesse, et remettre les esclaves en cellules. Mais la bataille est déjà perdue.

Car le problème n’est pas la force de l’adversaire.

Lorsque le roi pouvait nourrir son peuple, il l’affama.
Lorsque le roi pouvait rendre son peuple heureux, il l’appauvrit.
Lorsque la noblesse volait le peuple, le roi surenchéri avec des taxes.
Lorsque la noblesse opprimait le peuple, le roi acquiesca avec des lois.
Lorsque le roi pouvait faire de son peuple des individus libres, il en fit des esclaves.
C’est à ce moment que la bataille fut perdue.
Et lorsque les canons de l’adversaire se firent entendre, ce fut avec l’espoir, et non avec la peur, que les esclaves se réveillèrent.

Peu importe la virulence du roi, peu importe la force de l’assaut de la garde royale, peu importe les violences dont va faire preuve la noblesse, peu importe les punitions que devront endurer les anciens esclaves pour avoir gardé le silence face à l’adversaire et avoir goûté la nourriture destinée au roi et à la noblesse, la bataille est déjà perdue.

Car même si cet adversaire était terrassé, un autre viendra. Encore et encore. Et lorsqu’il n’y aura plus d’adversaires extérieurs, le prochain viendra de l’intérieur.

Et jamais plus un esclave ne retournera en cellule. Il a goûté à la liberté. Après des années de taxes, de racket, de devoirs et de lois, il a goûté à la liberté. Peu importe à quel point son libérateur pourra le soumettre un jour, au moins, en ce jour, il a goûté à la liberté.

Et alors même que sa servitude s’éternisait, soudainement, au crépuscule de sa captivité, vint l’aurore de sa liberté.
Désolé pour les taxis, mais sérieusement, la bataille est déjà perdue. Elle le fut dès l’instant où le service a commencé à devenir mauvais avec l’appui de l’État pour empêcher toute concurrence.
Et lorsque la majorité du peuple sera en faveur de cette nouvelle “économie collaborative”, le gouvernement finira par adapter les lois.Dès l’instant où les citoyens ont compris qu’ils pouvaient gagner de l’argent avec leurs biens, c’était fini. Ce n’est plus un privilège réservé aux nantis. Peu importe les interdictions, les gens vont toujours passer outre afin bénéficier de ce droit.
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